SUR
Les GRANDS projets de la ville de BARCELONNETTE
L’Association pour la Protection de la Vallée de L’Ubaye
Livre sa réflexion
Vaste et ambitieux projet, en effet, qui englobe la réalisation d’une voie de transit en bordure de l’Ubaye, l’aménagement de la place A.Gassier, un rééquilibrage de la ville.
Notre Association en a été informée le 7 décembre 2001 par un courrier de Monsieur le MAIRE qui nous invitait à présenter nos observations sur le document qui nous était remis, " observations qui seront examinées avec la plus grande attention avant la mise sur pied du projet définitif ".
Comme nous demandions des compléments d’informations il nous fut répondu " lorsque le projet final sera avalisé, je ne manquerai pas , alors, de vous en informer ", propos quelque peu différents des précédents.
Ce projet a débuté par une " Consultation sur un parti d’aménagement pour la requalification du centre ancien " engagée le 13 Novembre 2000 sur la base d’un cahier des charges soumis à trois cabinets d’architectes en vue de la désignation, par une commission " ad hoc ", d’un lauréat pour la maîtrise d’œuvre. C’est l’atelier QUADRA qui a été choisi.
Ce cahier des charges a limité précisément le périmètre de l’étude :
Au nord, rue Maurin, rue de Savoie, Eglise St Pierre. Au sud, la place A.Gassier. A l’ouest, rues Spitalier et Docteur Rebattu . A l’est, rue Henri Mercier.
L’Ubaye est ainsi, d’entrée, exclue de la réflexion. Et, de fait, aucune des équipes postulantes n’en fera mention dans ses propositions.
Lorsque l’on sait que, dans son rapport sur l’aménagement de Barcelonnette, commandée en 1990 par la Municipalité, l’Institut spécialisé " DEMOSCOPIE " faisait, lui, de " l’intégration de l’Ubaye à la ville " le fil conducteur de sa réflexion, on peut légitimement juger le concours détourné de son but, voire faussé. Les fonctions attribuées à la digue et à l’eau ne devaient-elles pas être, au contraire, au centre de toute étude sur le devenir de la ville ?
Si le silence a été total sur la rivière, est ce un hasard ? N’a- t-on pas voulu éviter de demander aux " hommes de l’art " leur avis sur un projet aberrant : la rive droite de l’Ubaye mise en double sens tout au long de la ville pour satisfaire la circulation des poids lourds. Ce en dépit des mises en garde des Commissaires enquêteurs, notamment lors de l'adoption du dernier POS.
L'aménagement proposé pour le Gravier découle naturellement du choix effectué quant à la déviation du trafic routier. Depuis des lustres, les municipalités successives refusent de reconnaître le bien-fondé des vues de l’Equipement, comme de celles du Commissaire Enquêteur Lucien PROAL (12 Août 1977) qui émet, dans le même contexte, un avis défavorable au P.O.S. Nous pensons que les problèmes de circulation doivent impérativement être intégrés dans la réflexion de l’Atelier Quadra, qui doit prendre en compte :
d’une part la solution préconisée par la D.D.E. et le Département, déviation en rive gauche, au pied des escarpements, donc loin de la ville, et qui pourrait être masquée par un talus dissimulée derrière un remblai
d’autre part, celle retenue par la Municipalité, sur la digue rive droite mise à double sens, prolongeant vers l’est la partie déjà existante, à laquelle nous reprochons :
La coupure de la ville en deux parties
Sa sécurité douteuse : a-t-on pensé à un poids lourd tombé dans l'Ubaye avec des produits chimiques susceptibles de réagir violemment avec l'eau , aux risques potentiels encourus par nos enfants dans l’école située en contre bas , à la solidité de l’ouvrage de construction ancienne (plus particulièrement en cas de gel et de crue)
Son esthétique s’adaptant mal au caractère, malgré tout, village, de Barcelonnette
Son impact social : disparition de la seule promenade plate et ensoleillée de la ville
Son coût exorbitant puisqu’il faudra, de toute façon, construire un jour une vraie déviation, ce qu’admet, d’ailleurs, la Municipalité.
Dans l’ignorance des plans proposés, nous suggérons les pistes de réflexion suivantes :
Au sud, éviter la vue sur le supermarché en refermant la place au niveau des pompes à essence, tout en l’ouvrant sur la rivière par deux allées réaménagées.
Au nord, assurer la continuité de la place par des immeubles de très faible hauteur qui pourraient être en arcades, ou par des halles qui pourraient servir de marché couvert l’hiver.
Concernant, enfin, l’espace entre le Gravier et l’Ubaye, celui-ci ne peut être exclu d’un projet de l’ampleur envisagée ; la question de l’emplacement du supermarché s’imposant en premier.
Selon nous, il conviendrait de le réduire, de ne conserver sur place que sa partie alimentaire, et de lui faciliter, par contre, son développement en dehors de la ville pour y accueillir les clients des communes voisines tout en étant en mesure de faire face, en certaines périodes, à l’afflux touristique.
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L’atelier QUADRA devra aussi porter son regard sur les Villas dites " MEXICAINES " objets d’un fort attrait touristique et, tout récemment, d’une publication de grande qualité : VILLAS en UBAYE dans " Images du Patrimoine ". Impossible d’abandonner à la destruction la villa ANITA, ou même celle occupée par le Service des Eaux, et dont le beau parc est devenu PARKING. Elles font le prestige de Barcelonnette et, pourtant, s’amorce déjà pour elles une " requalification mortelle " par l’implantation dans leurs parcs de bâtisses de maigre qualité, telles que celles constituées par l’extension de la maison de la Vallée à moins qu’elles ne soient soustraites aux regards de nos visiteurs par le calfeutrage des grilles de leurs jardins.
Nous ne pensons pas que l’Atelier QUADRA puisse, à lui seul, mener à bien la difficile mission qui lui a été confiée. Il nous paraît indispensable d’associer les organismes régionaux d’architecture et d’urbanisme ainsi que des associations locales aux décisions d’orientation générale du projet.
Notre Association est tout à fait favorable à un projet d’envergure qui puisse servir de fil conducteur aux aménagements futurs et leur donner une plus grande cohérence pour autant qu’ils permettent à Barcelonnette de conserver les charmes de son passé tout en allant résolument vers l’avenir.
Devant l’importance d’un tel projet, il n’existe pas de droit à l’erreur.
Pour mettre toutes les chances de réussite de son coté, la Municipalité doit engager une large concertation.